Intervention à la convention inter-régionale d'Europe Écologie le 5 juin 2010 : Différence entre versions

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Version actuelle datée du 29 novembre 2011 à 01:04

Table ronde animée par Laurence Vichnievsky, avec Jean-Philippe Magnen (Pays de la Loire), Dominique Jourdain (Picardie), Brigitte Brozio (Midi Pyrénées), Jean-Alain Cadet (la Réunion), Andrée Buchman (Alsace) et Baptiste SIMON (Bretagne).

Baptiste SIMON, membre direct d'Europe Écologie Bretagne/Breizh

Comment chacun peut transformer la société par ses comportements individuels ?
Quelle responsabilité portons-nous tous ?

Rapports production / consommation : de l'action politique aux gestes du quotidien

Lorsque Laurence m'a proposé ce sujet, je me suis dit que ça servirait peu de refaire le tour des économies d'énergies, des économies d'eau, etc. On l'a tous déjà entendu 100 fois... par contre j'ai tout de suite pensé aux paroles d'André Gorz qui disait, en gros, que le risque d'un glissement vers un « terrorisme vert » était fort quand on aborde le thème de l'« éco- responsabilité » individuelle. Genre : Comment êtes-vous venus ici des régions ? En train j'espère !! ... Un truc bien culpabilisateur.

Je pense que les gens ont besoin de signaux politiques forts pour donner une impulsion, un sens, à leurs gestes quotidiens. On ne peut pas, par exemple, envisager de ne pas acheter une voiture si les décisions en matière de transports en commun ne permettent pas de se projeter dans le temps. On a beaucoup plus de mal à se lancer dans le compostage si on croit qu'on est seul à le faire et donc pratiquement sans effet sur notre monde. Afin que la sobriété devienne collective comme individuelle, heureuse, et bientôt incontournable, je pense que nous avons besoin de politiques publiques lisibles et orientatrices. C'est notre rôle de mouvement politique que de l'entendre et de le mettre en œuvre.

Rapports inter-générationnels : un équilibre est encore mettre enplace, c'est nécessaire et indispensable

Dans le genre « signaux forts », je voulais également aborder le rapport entre personnes, en particulier entre générations. À ce sujet un équilibre est encore à trouver. C'est nécessaire et indispensable. La jeunesse ne semble plus se reconnaître dans une société où peu de liberté d'existence lui ai laissé. Je pense autant au vivre ensemble qu'à l'espace associatif ou politique... Quant au monde de l'emploi, pour moi ou mes amis, le quotidien se résume souvent à une succession de stages, de chômage, de boulots précaires, d'auto-entreprenariat... Notre société est dominée par la culture des babyboomers et l'imaginaire collectif par celui des 30 glorieuses. Pourtant, comme le dit Thierry Gaudin, nous sommes déjà en transition d'une société industrielle à une société cognitive, et nous avons besoin de notre jeunesse pour savoir l'appréhender. La société cognitive, c'est elle qui la porte.

Il est incontournable que nous prenions tous nos responsabilités et que nous permettions à tous de devenir acteur de sa vie, en particulier les moins vieux. C'est vrai pour vous, chefs d'entreprise, DRHs ou collègues, c'est vrai pour vous, activistes d'Europe Écologie qui venez des régions, c'est vrai pour vous, citoyens du quotidien... Se rendre compte de cette responsabilité, c'est la première étape nécessaire d'une transformation personnelle... et donc sociale, voire sociétale, dont il est question autour de cette table. C'est pas possible d'imposer le respect et la sobriété. Yona Friedmann explique clairement qu'une utopie ne devient réalisable que lorsque chacun y devient acteur, vivant son propre rôle vers un idéal partagé. Comment ne pas adhérer à cela ? Par contre, il est vrai que c'est un travail de tous les jours que de permettre à chacun de prendre sa place et de respecter et considérer la culture de l'autre. C'est notre responsabilité individuelle et collective. Au sein d'Europe Écologie c'est de redonner goût à l'engagement politique collectif.

On a imposé la parité homme/femmes (avec plus ou moins de bonheur), on essaie dans notre mouvement de prendre en compte les spécificités de chacun. Pour imaginer, construire et transformer le monde dans lequel on vit, il me semble incontournable de se poser également la question d'une participation de toutes les générations aux projets politiques, en re-questionnant nos pratiques au quotidien, y compris et surtout au sein d'Europe Écologie. Pour terminer, je vous rappelle mes deux axes : de l'action politique aux gestes du quotidien, et la nécessité de la participation de l'ensemble des générations.

Mais il y aurait eu tant à dire sur les autonomies régionales ou sur l'artificialisation des terres pour être fidèle à nos débats en région, ma présence à cette table ronde va dans le sens de ma dernière partie et je tiens à remercier les copains de Bretagne pour la confiance qu'ils m'ont accordée.

Notes sur cette intervention

  • Notez que j'ai tout conjugué au neutre du français pour plus de facilité, qui est malheureusement le masculin... n'y voyez aucun signe de machisme.
  • Ce texte est un texte à lire à haute voix, il s'agit d'un exercice oral, ce qui explique certaines formulations qui font très "langage courant".
  • Cette intervention s'est déroulée à la Cigale (1000 places assises), Parix XVIIIè, dans la deuxième table-ronde de la matinée où les thèmes avaient été répartis et le temps de parole fixé à 3'30... donc il y avait une double contrainte : temps et contenu.