Démission EELV

De e-glop
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Le mercredi 3 octobre 2012

Cher Président du bureau du Conseil Fédéral d'EELV,
Chers secrétaires régionaux d'EELV Bretagne,
Chers membres du bureau du groupe local de Kemper­Kerne,
Chers militantes et militants qui m'ont fait confiance pour le mandat de Conseiller Fédéral,

Je vous adresse le présent courrier pour vous annoncer ma décision de quitter EELV et de ce fait, je vous présente ma démission du poste de Conseiller Fédéral.

J'ai adhéré à Europe Écologie d'abord en tant que Quimpérois pour agir sur le territoire que j'habite. L'expérience municipale d'EELV à Quimper, malgré un bon score de 17%, est pathétique : étalement urbain, muséification du centre­ville, privatisation d'espaces publics et de biens communs (l'eau au premier plan), franchisation de la ville par des intérêts privés (Veolia, Sodexo, culture, etc.). J'aurais pu croire que nous étions politiquement d'accord. Finalement il n'en est rien.

J'ai alors pensé qu'il s'agissait d'une problématique locale. J'ai donc voulu ouvrir le paysage en m'engageant auprès d'Europe Écologie lors des Européennes et des élections régionales, puis au Conseil Fédéral auquel j'ai participé durant deux mandats depuis 2010. Malheureusement, ma constat sur la politique locale s'est vérifié à différents étages du parti politique.

Au Conseil Fédéral comme en dehors, j'étais contre l'accord EELV/PS qui a tué la campagne d'Eva Joly et de l'Écologie lors des dernières présidentielles, inféodant du même coup Europe Écologie Les Verts au Parti Socialiste. J'étais également contre la participation au Gouvernement sur plusieurs aspects, notamment sur le fait qu'une campagne présidentielle désastreuse (et cela dépasse largement la responsabilité d'Eva Joly) ayant ramené l'Écologie Politique à un score groupusculaire ne permettait pas une position de force suffisante. La négociation gouvernementale a été logiquement menée dans ce contexte et avec les résultats escomptés.

Nous aurions pu soutenir François Hollande sur la renégociation du traité de stabilité financière, mais puisque je suis profondément Européen et fédéraliste, je soutiens la position que le Conseil Fédéral a eu sur ce sujet en le rejetant puisque le traité Merkel/Sarkozy n'a pas changé d'une ligne. Si maintenant les ministres dits « EELV » ne tiennent leur légitimité que de la confiance du Premier Ministre, c'est qu'il faut les considérer comme issus de la Société Civile, et non d'un engagement collectif en politique. La cohérence politique aurait du conduire à leur démission du gouvernement.

Je suis maintenant convaincu que l'avenir de l'Écologie Politique ne passera pas par Europe Écologie Les Verts. Je suis conscient des difficultés à exercer le pouvoir mais les stratégies du renoncement systématique afin de prendre ou de garder le pouvoir sont pathétiques, surtout dans un contexte actuel où tout s'accélère de manière faramineuse. La politique n'est pas un jeu ni une profession, elle est la confrontation au tragique de notre époque. En côtoyant certaines et certains d'entre vous j'ai appris à faire la différence entre compromis et compromission, entre pragmatisme et renoncement.

Au regard de la dureté du présent et pour ne pas renoncer à l'engagement collectif, je n'ai pas d'autre alternative que de démissionner d'Europe Écologie Les Verts. Merci donc de prendre acte de ma démission de tous mes mandats et de tous mes engagements auprès du parti.

Je vous adresse mes meilleures salutations,

Baptiste SIMON